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Personnages et création d'univers : Analyse de la force des jeux japonais (1/4)

Posted by yahiko00, in Game Design 21 July 2013 · 373 views

Cet article est une traduction autorisée de la première partie de celui-ci : Characters and Worldbuilding: Analyzing the Strength of Japanese Games (Zack Wood)
Toutes les illustrations qui ne sont pas celles de l'auteur relèvent du droit à la courte citation (article L.122-5 du Code de propriété intellectuelle)

Entre avril 2010 et mai 2011, j'ai eu la chance d'étudier les mangas (bandes dessinées japonaises) et la conception de jeux vidéo à l'une des principales écoles d'art du Japon, l'université Kyoto Seika. Au total, j'ai vécu, travaillé et étudié au Japon environ quatre ans, et dans cet article j'aimerai partager ce que j'ai appris là-bas sur la conception de jeux.

Tout a commencé au lycée quand un ami m'a fait découvrir les animes (films d'animation japonais) par le biais de « Princesse Mononoke » du Studio Ghibli. Les personnages et les créatures ne ressemblaient à rien de ce que j'avais pu voir auparavant, et rapidement j'ai commencé à lui en emprunter davantage. De là, j'ai commencé à jouer aux jeux vidéo japonais, en particulier aux jeux de rôle (RPG) de l'époque de la Super Nintendo.

Le premier auquel j'ai joué, choisi au hasard, était curieusement intitulé « Chrono Trigger ». Je ne savais pas que j'avais choisi l'un des jeux les plus vénérés de tous les temps, et, bien sûr, je suis devenu accro. Tout comme mon intérêt pour les films d'animation du Studio Ghibli, je fus enchanté par le niveau d'imagination des RPG japonais.

Un Trésor Négligé

Au bout d'un moment, je suis tombé sur « Paladin's Quest », l'un des RPG les moins connus de la Super Nintendo, sorti aux Etats-Unis en 1993. Cependant, j'ai presque failli passer à côté du jeu en raison de son nom générique. Je ne sais pas comment les traducteurs se sont arrêtés sur « Paladin's Quest » puisque le jeu n'a rien à voir avec les paladins ; au Japon, on parle de l'excitant et du mystérieux "Lennus : Mémoire de la Machine Ancienne."

Paladin's Quest s'est avéré être, selon moi, le jeu le plus original et le plus inoubliable d'une époque qui était déjà débordante d'innovations. La palette de couleurs pastel et le style visuel simplet semblent avoir refroidi beaucoup de joueurs, mais pour ma part cette nouveauté n'a fait qu'accroître mon attirance ; la musique envoûtante, la vie végétale venue d'ailleurs et le schéma narratif, le tout réunis pour créer une expérience unique et très attachante.







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Fig. 1 « L'Ecole de Magie », première zone de Paladin's Quest

Pour l'Amour du Jeu

Quand j'ai appris que Paladin's Quest avait eu une suite, « Lennus II : Les Apôtres des Sceaux », j'avais hâte d'y jouer ; mais le jeu n'a jamais été publié en anglais, et avec une ignorance totale du japonais, je n'ai même pas pu sortir de la première zone.

C'est pourquoi, en première année de collège, je me suis inscrit dans une classe de « japonais intensif » qui a débouché sur un voyage de quatre semaines à l'Université de Kyoto Seika. (À l'époque, la Kyoto Seika venait de faire les gros titres pour être la première école au Japon à offrir un diplôme spécialisé dans les mangas.)

J'y ai passé un très bon moment, ce qui m'a amené à m'inscrire à l'Université de Stanford afin de me spécialiser dans les études sur l'Asie Orientale et à continuer à étudier le japonais. Dès que j'ai obtenu mon diplôme, j'ai déménagé au Japon pour enseigner l'anglais avec le programme Japan Exchange Teaching (JET) (NdT : littéralement "programme japonais d'échange sur l'enseignement").

Ce fut l'époque où j'ai découvert le blog de Hidenori Shibao, le réalisateur de la série Lennus (Paladin's Quest et sa suite), qui a également travaillé sur Legend of Legaia, un RPG sur PlayStation. Après avoir fait revérifier ma grammaire par un ami japonais, je lui ai envoyé un message, et nous avons fini par échanger un certain nombre de courriels au sujet des jeux Lennus et de la conception des jeux en général.

Retour à la Kyoto Seika

Après deux ans par le biais de JET, je voulais revenir à ce qui m'avait attiré au Japon en premier lieu - la pop culture comme les jeux vidéo et les animes. J'ai toujours aimé dessiner, et je me suis souvenu de la Kyoto Seika et de leur programme de manga lors de mon voyage d'étude à l'étranger. C'est comme ça que j'ai fini par y retourner en 2010 en tant qu'étudiant-chercheur dans la section Manga. (en tant qu'étudiant-chercheur j'avais suivi des cours en tant étudiant régulier, mais sans possibilité de validation ou de diplôme à la fin.)

Bien que les écoles japonaises aient tendance à être strictes sur le fait de suivre des cours en dehors de votre section, j'ai pu assister à quelques cours magistraux dans une classe de Game Design avec Kenichi Nishi, le directeur du culte et célèbre « Chibi-Robo » ! (Il était aussi un des concepteurs des environnements de Chrono Trigger.) Nishi nous a emmené tout au long des étapes du développement de l'idée jusqu'à la réalisation, et de cette façon les étudiants se sont constitués en groupes afin de créer leur propre jeu au cours d'un semestre.

Grâce à tout cela, j'ai appris beaucoup de choses sur l'approche japonaise de la pop culture comme les mangas et les jeux vidéo, et je tiens à partager ce que j'ai appris, en me concentrant sur deux points : les personnages dans le style japonais et leur fonction dans les jeux vidéo, et le sekaikan, un terme souvent utilisé en référence aux jeux vidéo et d'autres médias.

La deuxième partie en français est disponible ici : Personnages et création d'univers : Analyse de la force des jeux japonais (2/4)




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